Les Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026 se sont achevés ce samedi pour l’équipe de France de patinage de vitesse longue piste avec les épreuves de Mass Start. Une dernière journée au scénario atypique, qui laisse un sentiment partagé entre fierté et légère amertume.
Car si la médaille historique s’est encore refusée aux Bleus, la progression du collectif tricolore ne fait plus aucun doute. Avec notamment une 4ᵉ place sur 10 000 m et une 5ᵉ place sur 5 000 m pour Timothy Loubineaud, un top 5 sur la Team Pousuite et une 7e place sur la Mass Start pour Mathieu Belloir. Il y a aussi une présence affirmée dans six épreuves différentes, la France confirme son installation progressive dans le paysage international.
Une finale masculine au scénario atypique
La Mass Start masculine a offert un scénario rare et particulièrement tactique.
Après des demi-finales parfaitement maîtrisées — Mathieu Belloir se qualifiant grâce à une gestion intelligente des sprints intermédiaires, et Timothy Loubineaud remportant sa série après une attaque décisive — les espoirs étaient légitimes.
Mais la finale a basculé très tôt. Profitant d’un faux rythme et d’un marquage excessif entre favoris, le Néerlandais Jorrit Bergsma et le Danois Viktor Hald Thorup ont tenté une échappée audacieuse… à laquelle personne n’a réellement cru. Une initiative qui s’est pourtant révélée décisive.
Derrière, le peloton s’est neutralisé. Les regards étaient tournés vers l’Américain Jordan Stolz et l’Italien Andrea Giovannini, annoncés parmi les grands favoris. Personne n’a pris la responsabilité de rouler.
Résultat : un sprint massif dans les deux derniers tours, où les Français sont restés piégés.
Mathieu Belloir termine 7ᵉ, Timothy Loubineaud 11ᵉ.
« Le pire scénario »
Lucide et frustré, Timothy Loubineaud analysait une course qu’il estime avoir subie :
« C’était le pire scénario ! Deux mecs partent dès le début et les autres pays ne prennent pas leurs responsabilités. Ce ne sont pas aux Français de faire les efforts. (…) Sur un sprint massif comme celui-là, on sait que certains sont plus forts que nous. J’avais le physique, je n’ai jamais été aussi fort statistiquement, mais ces courses sont particulières. J’aimerais trouver le secret de la réussite. »
Mathieu Belloir partageait ce constat tactique :
« C’était une Mass Start atypique. Il y a eu une échappée dès le début et tout le monde a laissé passer. Quand le paquet attend, on essaie de saisir les opportunités restantes. Je vais chercher le point qui me permet de sauver un top 7. Il y avait sans doute une fenêtre à saisir au départ, mais on ne va pas refaire la course. »
Violette Braun : l’expérience avant tout
Repêchée pour participer à l’épreuve, Violette Braun, 19 ans, n’a pas réussi à se hisser en finale.
« Ce n’était pas la course que j’aurais aimé faire. Depuis deux jours, je me bats avec la glace et je ne suis pas en grande forme physiquement. Mais le bilan reste positif : une première participation à 19 ans avec l’objectif de performer en 2030. On s’est tenus au plan fixé avec mon entraîneur. »
Une première expérience olympique formatrice pour la jeune Française, déjà tournée vers l’avenir.
Un cap franchi pour la longue piste française
Ces Jeux marquaient une étape majeure : les premiers sous la responsabilité fédérale depuis l’obtention de la délégation de la longue piste.
Le Directeur Technique National, Ludovic Royé, dresse un bilan lucide :
« Milan-Cortina 2026 étaient nos premiers Jeux en charge de la longue piste française. Le premier sentiment qui domine est la fierté, au regard du chemin parcouru en si peu de temps. En septembre dernier, nous n’aurions jamais imaginé voir autant de Français participer à ces Jeux. Nous savions que nous avions du potentiel et que nos progrès seraient rapides et forts. On ne peut pas imaginer l’engagement total des athlètes et de leur entraîneur Alain Nègre. Je suis extrêmement fier d’eux. Mais c’est tout de même un sentiment de déception qui vient compléter ce bilan. Quand vous êtes à une ou 2 marches de la première médaille de l’histoire de notre pays dans la discipline, on garde forcément un goût amer. À nous maintenant de transformer cette déception temporaire en motivation intense pour les quatre prochaines années et de préparer nos Jeux en 2030. Dorénavant il faudra compter sur la France ! Vivement la suite ! »
2030 en ligne de mire
Six athlètes qualifiés.
Huit départs olympiques.
Six épreuves représentées.
Trois Top 5.
Au-delà des chiffres, Milan-Cortina 2026 aura permis au collectif français d’acquérir une expérience précieuse : gestion d’un événement sur trois semaines, maîtrise de la pression, confrontation directe avec les meilleures nations.
La marche est encore haute.
Mais elle se rapproche.
Le rendez-vous est pris : 2030.